Medays Tanger 2024
Panel
« La gouvernance digitale au 21ème siècle : Comment façonner la souveraineté dans le cyberespace ? »
« L’économie numérique au Maroc »
Par Jawad KERDOUDI Président de l’IMRI (Institut Marocain des Relations Internationales)
L’économie numérique est une priorité du Gouvernement marocain sous les Hautes orientations du Roi Mohammed VI. C’est ainsi que le gouvernement actuel comprend un Ministère délégué de la transition numérique et de la réforme de l’Administration. Il est dirigé par une femme Madame Amal El Fallah Seghrouchni qui est Docteur en informatique de l’Université Pierre et Marie Curie, habilitée à diriger des recherches dans le domaine de l’intelligence artificielle à la Sorbonne, et ancienne chercheuse au CNRS dans le plus grand laboratoire informatique en France.
L’objectif du Maroc est de devenir un acteur clé dans l’économie numérique en Afrique, avec une collaboration efficace avec tous les pays africains. Pour illustrer l’importance de l’économie numérique au Maroc, citons le secteur de l’Outsourcing qui place le Maroc 2ème en Afrique et 28ème sur le plan mondial. Ce secteur comprend 1200 entreprises, 142.000 emplois, et génère un chiffre d’affaires de 1,79 milliard de dollars à l’exportation. Il contribue à diminuer le déficit de la balance des paiements marocaine. La 4G a été étendue à 10.620 localités du Maroc, et la 5G est en préparation et expérimentation avant son lancement. L’internet au Maroc est utilisé par 39,1 millions d’abonnés avec un taux de pénétration de 104,8%. Le téléphone mobile comprend 56,8 millions d’abonnés avec un taux de pénétration de 152,1%.
En ce qui concerne la souveraineté numérique, le Maroc a adopté la Loi 09-08 sur la protection des données personnelles. Il a créé deux institutions : la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), et le Centre marocain de veille, de détection et de réponse aux attaques informatiques. Le Maroc a également adopté une stratégie nationale de cybersécurité pour protéger les informations, et sensibiliser les citoyens et les entreprises aux risques numériques. Il a renforcé ses partenariats internationaux dans le domaine de la lutte contre les cyberattaques.
Pour le développement du secteur de l’économie numérique, le Maroc s’est attelé à la formation des compétences avec le programme « 1337 » qui s’articule autour de 17 compétences. Il a également lancé le programme « Youcode » comprenant les langages informatiques, les frameworks et les technologies. Les principes retenus de cette formation sont la réponse aux besoins des entreprises marocaines dans le domaine de l’informatique, et l’adaptation des compétences avec des programmes de requalification si nécessaire. Des initiatives sont également prises par le gouvernement pour réduire la fracture numérique notamment dans les zones rurales.
Le développement de l’économie numérique au Maroc inclue également le soutien à l’innovation par la création de Hubs technologiques, qui sont les Technoparks existant actuellement à Casablanca, Tanger, Agadir, Essaouira. Il comprend le soutien à la création et au développement des Startups et des PME innovantes dans le cadre du Plan d’impulsion de l’écosystème. Le partenariat public-privé est largement utilisé pour stimuler l’innovation locale et attirer les investissements directs étrangers (IDE). Le Maroc a également mis en œuvre la stratégie « Digital Maroc 25 » par l’introduction des technologies et des solutions digitales, en vue de l’augmentation de la compétitivité des entreprises et des activités génératrices d’emplois. Cette stratégie concerne également les services publics (E-gouvernement) pour améliorer leur rapidité et leur efficacité.
En conclusion, le secteur de l’économie numérique est primordial dans ce 21ème siècle, qui va transformer radicalement le travail des entreprises privés et du secteur public. C’est aussi un secteur grand pourvoyeur d’emplois pour les jeunes, et un facteur de compétitivité et d’efficacité. Au Maroc, beaucoup a été déjà fait dans ce secteur tant par les pouvoirs publics que le secteur privé, mais beaucoup reste à faire car ce secteur est en pleine évolution.
CHRONIQUES HEBDOMADAIRES DE l'IMRI