Un sommet arabe au Caire, pas comme les autres et après?
Oualalou Abdelhafid vice-président de l'Institut Marocain des Relations Internationales IMRI et de
Notre analyse des résultats et du communiqué final du sommet extraordinaire arabe du Caire du 4 mars 2025 contribuera à enrichir le débat sur les actualités internationales et en particulier sur la géopolitique du moyen Orient.
Les dirigeants arabes réunis au Caire ont enfin adopté lors de leur sommet extraordinaire un plan égyptien pour la reconstruction de Gaza, présenté comme une alternative au fameux projet du président Trump d\'expulser les palestiniens de leur terre. Ce sommet s\'est réuni dans un contexte mondial et régional plein d\'incertitudes et de menaces américaines sur la paix dans le monde plus spécialement en Europe comme au moyen Orient. Dans cette région traversée par plusieurs conflits armés dont le conflit israélo palestinien , la politique de Netanyahu déterminé à liquider toute résistance palestinienne bloque en ce moment l\'application du cessez-le-feu à Gaza depuis le 19 janvier. Aussi le projet de Trump de déplacer les palestiniens vers la Jordanie et l\'Égypte avait soulevé un tollé internationale et un rejet catégorique par les tous les pays arabes et par toutes les composantes palestiniennes dont l\'autorité palestinienne en plus du Secrétaire Général des nations unies . Face à l’entêtement de Netanyahu et de son allié stratégique du président Trump vouloir annexer par la force la bande de Gaza et de la Cisjordanie constitue une menace pour la paix mais aussi pour la solution des deux États.
Devant l\'opposition de Netanyahu au plan de la ligue arabe voté à l\'unanimité par tous ses membres et qui prévoit deux phases de reconstruction ainsi que la création d\'un comité formé de compétences indépendantes chargé de gérer Gaza après la guerre sans la mention faite au mouvement Hamas , cette alternative arabe doit être défendu et présenté à tous les intervenants à commencer par les USA et le conseil de sécurité et autres bailleurs de fonds pour son application effective et sa réussite .
Enfin les arabes parlent d'une seule voix.
Depuis que le président Trump avait lancé son plan d'expulser les palestiniens par la force de Gaza vers la Jordanie et le Signai égyptien pour en faire une Station balnéaire . La réaction des pays arabes et des palestiniens et même des Nations unies n'avait pas tardé en rejetant avec force et détermination la proposition américaine et qui n'a été soutenue que par Netanyahu et ses ministres d'extrême droite . Pour une fois au moyen Orient, le rejet du plan américain par le Roi Abdullah de Jordanie et par le président égyptien Assisi a été bien reçu par le monde arabo musulman et par toutes les composantes palestiniennes. Le communiqué final de ce sommet arabe qui avait approuve le égyptien de reconstruction de Gaza pose la problématique du conflit dans sa géopolitique du moyen Orient et œuvre des perspectives d’avenir pour une solution politique durable de ce conflit.
Notons que certains pays arabes signataires de ce communiqué considères depuis des décennies comme des allies stratégiques des USA ont dit haut et fort NON au président Trump à son plan d'expulser les palestiniens par la force de Gaza au moment où ce président American impose ses positions politiques et économiques en mettant la pression a tous les pays du monde pour traduire sa domination du monde avec son slogan électorale de America First.
Seul Israël et son mouvement sioniste proaméricain saluent le soutien inconditionnel des USA à leur désir d’occupation par la force militaire des territoires à gaza et en Cisjordanie mais aussi au sud Liban et en Syrie.
La situation en Palestine occupée se complique davantage par le refus American du plan arabe considéré de proposition équilibre par les Nations unies qui sera appelée à mobiliser ses casques bleus dans le territoire palestinien pour garantir la sécurité pour tous.
Pour le financement de cette reconstruction il faudrait déjà réussir la réconciliation entre l'autorité palestinienne et le mouvement Hamas qui domine politiquement et militairement la bande de Gaza depuis 2005 sachant bien que ni Netanyahu ni Trump ni même la majorité des pays arabes n'accepteraient encore plus la gouvernance de Gaza d’après-guerre par Hamas et sa branche armée durant la période de transition , ce mouvement palestinien est considérée jusqu'à présent comme une organisation terroriste par Israël et par les USA. Qui sera la nature politique du prochain gouvernement à gaza en attendant l'organisation des élections législatives et présidentielle en Palestine occupée pour permettre au peuple palestinien de choisir démocratiquement ses dirigeants ?
La nouvelle géopolitique du moyen Orient avait connu un bouleversement des rapports de forces après la chute du régime Bachar Pro iranien et ayant bénéficié du soutien Russe depuis 2015, cette situation politique dans cette région s'est aggravée par la défaite du mouvement chiite libanais de Hisbo allah après l'intervention militaire israélienne au sud Liban et qui était d'un grand soutien pour le mouvement Hamas à gaza sans parler des Houtis au Yémen. Par conséquent Israël est sorti renforcé pour imposer ses nouvelles conditions pour passer à la deuxième phase du plan de paix conclu avec Hamas le 19 janvier dernier. De ce fait nous considérons que le plan arabe de reconstruction de Gaza répond bien à cette nouvelle géopolitique pour une alternative réaliste et pragmatique au plan américain en question.
Notre souhait est que tous ces mouvements palestiniens seront appelés à renforcer leur unité politique au sein de l’OLP considérée depuis 1974 par le sommet arabe de Rabat comme le représentant unique et légitime du peuple palestinien et qui sera le seul interlocuteur pour toute négociation future pour la solution des deux États et mettre fin à l'occupation israélienne.
Pour le Maroc ce sommet arabe du Caire a été l’occasion de rappeler le soutien constant de SM le Roi à toutes les initiatives politiques et diplomatiques en faveur des droits légitimes du peuple palestinien. Mr Bourita ministre des affaires étrangères avait aussi rappeler la position de SM le Roi président du comité Al-Quds en faveur de la ville Sainte Al-Quds et le soutien à ses habitants particulièrement en cette situation difficile en ajoutant qu'il est nécessaire de convaincre les partenaires et de mobiliser toutes les forces pour la mise en œuvre de ce plan de reconstruction.
Tout en saluant L’adoption de ce plan arabe après des discussions et échanges des points de vue entre les membres de la ligue arabe , tous solidaires du peuple palestinien et de sa cause juste pour en finir avec l'occupation israélienne depuis 1948 et dans ce contexte mondial il était nécessaire de faire entendre la voie du monde arabe face au défis de la guerre en Palestine occupée dont le territoire de Gaza qui avait connu des massacres et génocide durant plus de 15 mois depuis octobre de 2023.
Que fera Trump si les otages israéliens ne seront pas libères sans conditions comme le demande en brandissant des menaces ?
Que sera l'avenir de l'accord du cessez-le-feu à Gaza devant le refus de Netanyahu de poursuivre son application en laissant passer les aides humanitaires pour les populations de Gaza qui manquent de Tout ? Quelle sera la décision du conseil de sécurité pour piloter l'application du plan égyptien concernant le fond prévu des 53 milliards de dollars pour la construction et aussi pour mobiliser des casques bleus pour la paix .?
Actuellement ni Netanyahu ni Trump ni même certains pays arabes encore plus l’autorité palestinienne n’admettent la gestion gouvernementale de gaza après la fin de l’intervention israélienne par le mouvement armé de Hamas qui jusqu’à présent est considéré par Israël et par les usa comme une organisation terroriste et qu’aucune aide financière destinée a la reconstruction de gaza ne soit gérée par cette organisation de résistance palestinienne .
En pratique il ne suffit pas de proposer une alternative arabe au plan de Trump mais de réussir sa mise en œuvre par tous ces intervenants à commencer par ses signataires arabes et palestiniens.
Telles sont des questions difficiles que nous souhaitons partager avec vous chers amis journalistes et chercheurs en géopolitique.
Cordialement Oualalou Abdelhafid vice-président de l'institut Marocain des Relations internationales IMRI et politologue.
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